Mohammad

Photo Mohammad © DR
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Concert

Mohammad

Et bien il va falloir s’y faire, la Grèce ce n’est pas que le Sirtaki et Nana Mouskouri. Comme partout ailleurs dans le monde, on découvre avec plaisir des musiciens novateurs qui y explorent les champs des possibles. Une scène improvisée enthousiasmante dont Nikos Veliotis s’est fait depuis quelques années l’ambassadeur incontournable. Découvert aux côtés de Fred Van Hove, on l’aura depuis entendu en solo, impérial, ou en compagnie de l’immense pianiste John Tilbury. Avec Mohammad, il partage la scène avec deux compatriotes aussi actifs en Grèce que méconnus par chez nous. Ils ont en commun un intérêt tout particulier pour les matières sonores et leurs effets sur la perception sensitive des auditeurs. Un travail de recherche qui prend toute sa dimension avec ce projet aussi déroutant, perturbant, que jouissif à écouter.

Baignant dans un maelstrom inquiétant de basses fréquences, le spectateur perd rapidement tout repère et s’abandonne à une écoute physique qui passe bien plus par le corps tout entier que par les oreilles. Les drones qui paraissent massifs et linéaires au premier abord révèlent en fait une richesse de détails, de sensations auditives absolument inouïes. Une dentelle de sons délicats qui émergent progressivement des ténèbres, hypnotisent, jusqu’à un final totalement inattendu, sorte de chanson pop, aussi décalé que salvateur. Ou comment sortir avec le sourire d’une expérience a priori plutôt traumatisante...

À écouter : « Roto VIldblomma » (2010, Label Antifrost). Disponible chez Metamkine.