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Gaspar Claus (solo)

Les musiciens
Gaspar CLAUS

Gaspar Claus est un infatigable passe-muraille n’ayant de cesse de re-configurer selon son bon plaisir les cartes d’Etat-major du monde de la musique. Violoncelliste tout-terrain qu’on pourrait qualifier d’héritier hérétique de l’exemplaire Tom Cora avec lequel il partage cet alliage du populaire et du savant, de la mélodie et du boucan ainsi qu’une gourmandise tous azimuts, il met sa technique hirsute au service de la joie pure d’être vivant, toujours ouvert à la surprise, avec cet élan humaniste dont il vient contaminer ses innombrables collaborations (de Jim O’Rourke à Sufjan Stevens en passant par Rone et Angélique Ionatos). Musique improvisée (en compagnie de Keiji Haino ou de Serge Teyssot-Gay), musique contemporaine (avec Bryce Dessner) flamenco (Pedro Soler et Ines Bacan) ou pop (Barbara Carlotti, Peter Von Poehl), tout entre ses mains se transforme en exercice d’intensification du goût, d’éclatement des frontières.

Musicien désentravé dont l’esthétique mouvante est une éthique de la flibusterie, de la contrebande et du partage, Gaspar Claus est aussi l’instigateur du « festival permanent ». Cette grande confrérie invisible et éclatée se propose au delà de toute esprit de chapelle, de disséminer à travers le monde comme une idée de l’acte gratuit et spontané, une pensée de la création libre dont le geste s’invente à mesure qu’il se découvre. Une confrérie sans dogme ni hiérarchie, impossible à définir, à circonscrire, à capturer. Gaspar Claus, est de ces musiciens pour qui la musique est avant tout la manifestation d’une présence au monde et une célébration ininterrompue de ces vieilles valeurs désuètes et pourtant ô combien subversives que sont l’amitié, la réinvention du vivre-ensemble, la violence du plaisir. Valeurs qu’il exalte d’ailleurs avec les violonistes Carla Pallone et Christelle Lassort en compagnie desquelles il a fondé Vacarme, trio engagé avec la même ferveur au côté d’artistes tels que Rover ou Stranded Horse que dans l’interprétation sauvageonne de compositeurs contemporains.

Lire entre les notes. Faire entendre ce qui respire et ce qui grouille en permanence au fond de toute musique. Peut être s’agirait il d’un violoncelle dans tous ses états si la volonté était simplement d’en montrer toutes les possibilités sonores, tous les assemblages rythmiques, mélodiques, harmoniques. Mais ce n’est pas cela qui cherche ici à prendre la parole. C’est la quête d’une fonction primaire de la musique, une volonté puissante d’échapper au monde, à soi, au moyen d’une exploration à l’aveugle, d’un long morceau emprunté aux limbes sans fond de la joie d’écouter le son dans ses moindres détails. Du bois, des crins de chevaux, de l’acier, des boyaux d’animaux. Ce qui sonne et fait sonner ce violoncelle se met le temps d’un concert au service d’une cérémonie musicale baigné de chamanisme, de rock à l’état brut, de répertoire classique, de profane et de sacré.

Plongé dans la pénombre, assis à même le sol, au plus proche de l’instrument lui même s’il le désire, l’auditeur est convié à un voyage aux confins de ses mondes, extérieurs et intérieurs.

 

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